CFG Bank a publié ce 16 septembre 2026 ses résultats consolidés au titre du premier semestre 2026, et le message qui s'en dégage est celui d'une trajectoire de croissance qui se poursuit sans à-coups, portée par les métiers récurrents de la banque commerciale.
Le produit net bancaire consolidé ressort à 634 millions de dirhams, en hausse de 6% sur un an. Derrière cette progression modérée en apparence se cache en réalité une dynamique plus favorable qu'il n'y paraît. Le PNB à caractère récurrent — celui qui reflète le cœur de métier de la banque commerciale et de la gestion de l'épargne — bondit de 18% à 549 millions de dirhams. La marge d'intérêt en est le principal moteur, avec une croissance de 29% à 316 millions de dirhams, tirée à la fois par la hausse des encours de crédits et par l'amélioration de la marge nette d'intérêt. Les commissions, elles, progressent plus modestement (+5% à 233 millions de dirhams), incluant aussi bien les commissions bancaires que celles liées aux métiers de gestion d'actifs.
À l'inverse, le PNB lié aux marchés financiers — intermédiation boursière, trading obligataire et actions, corporate finance — recule de 36% à 85 millions de dirhams. Ce repli s'explique moins par une dégradation opérationnelle que par un effet de base : le premier semestre 2025 avait bénéficié d'un niveau de PNB non récurrent exceptionnel, difficile à reproduire dans un contexte de marchés actions et obligataires moins porteurs, marqué notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Sur le plan opérationnel, la banque affiche une maîtrise des charges qui porte ses fruits : le résultat brut d'exploitation progresse de 18% à 354 millions de dirhams, un rythme supérieur à celui du PNB, signe d'un effet de ciseaux positif. Le résultat avant impôts suit la même trajectoire, en hausse de 21% à 324 millions de dirhams, pour un coût du risque qui demeure contenu à 22 millions de dirhams, soit 0,22% des encours — une preuve, selon la banque, de la qualité de son portefeuille de garanties et de la baisse de son taux de sinistralité.
Le résultat net part du groupe, en revanche, progresse moins vite que le résultat avant impôts : +10% à 200 millions de dirhams contre +21% pour le RAI. L'écart s'explique par la hausse du taux effectif d'impôt sur les sociétés, qui passe de 30% à 37% d'un semestre sur l'autre, conséquence mécanique de la fin de la consommation des déficits fiscaux reportables. Sur le plan commercial, l'encours de crédits progresse de 20% sur douze mois pour s'établir à 20,6 milliards de dirhams, tandis que les dépôts de la clientèle croissent de 17% à 22,1 milliards de dirhams — une collecte tirée notamment par les dépôts non rémunérés, en hausse de 26% et qui représentent désormais plus de la moitié de l'ensemble des dépôts.
Un ROE qui se stabilise sur un nouveau palier
C'est peut-être l'enseignement le plus intéressant de cette publication : la rentabilité des fonds propres de CFG Bank, calculée sur la base d'un résultat net part du groupe annualisé rapporté aux capitaux propres moyens, se maintient autour de 19% au premier semestre 2026. Ce niveau confirme le réajustement à la hausse opéré entre 2024 et 2025, où le ROE était passé d'environ 15% à plus de 19%. Autrement dit, la banque ne se contente pas d'avoir franchi un cap l'an dernier : elle le consolide.
Cette stabilisation prend d'autant plus de relief qu'elle intervient dans un contexte où la charge fiscale pèse davantage sur le résultat net, et où le PNB à caractère moins prévisible s'est nettement contracté. Que la rentabilité des fonds propres tienne malgré ces deux vents contraires en dit long sur la solidité du socle récurrent qui s'est constitué au fil des derniers trimestres.
Deux évolutions plaident d'ailleurs pour que ce ROE reste bien orienté, voire s'améliore, dans les trimestres à venir. D'une part, la structure des dépôts continue de se bonifier : la part croissante des dépôts non rémunérés allège mécaniquement le coût de la ressource et soutient la marge nette d'intérêt, sans que la banque ait à consentir un effort commercial supplémentaire sur la collecte rémunérée. D'autre part, le coefficient d'exploitation poursuit sa trajectoire baissière, les charges générales d'exploitation reculant en valeur absolue alors même que le réseau d'agences continue de s'étoffer — CFG Bank compte aujourd'hui 19 agences, et six autres sont en cours de travaux pour des ouvertures prévues entre fin 2026 et 2028.
